Digital Change : journée dédiée à la transformation numérique des entreprises

Plus de 1000 dirigeants étaient réunis à la Cité des Congrès de Nantes le 18 octobre dernier, pour une journée intégralement consacrée à la transformation numérique des entreprises : le Digital Change.

Idea Groupe, Parade, Manitou, AIA life designers, Terrena, Herige, etc, les grands groupes étaient à l’honneur pour cette 2e édition de Digital Change, organisée par la Lettre API, ADN’Ouest et les Chambres de commerce et d’industrie.

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Fondée sur l’échange d’expériences, la découverte de solutions, le partage de réussites, la journée s’articulait autour d’une douzaine d’ateliers, agrémentés de speed meetings individuels et collectifs. Un village des solutions, réunissant 25 stands de partenaires et sponsors, prenait place dans le hall principal où une scène ouverte accueillait plus de 20 pitchs d’experts. Tout au long de la journée, les participants ont confronté leurs envies, craintes, et freins au changement, aux succès et échecs de dirigeants engagés dans la transition numérique de leurs entreprises. Au total, une soixante d’experts de la transformation numérique étaient regroupés pour aider leurs pairs à se lancer.

Retours d’expérience : Saunier Duval et Terrena

La donnée au cœur de l’usine du futur

Speaker : Eric Yvain, Directeur général de Saunier Duval

Face une demande internationale croissante et aux enjeux portés par le numérique, l’entreprise spécialisée dans la technologie de chauffage, Saunier Duval, a décidé d’équiper ses usines d’automates. Avec ses lignes d’assemblage nouvelles génération, la société a fait naître plusieurs succès.

Premièrement, elle a augmenté la productivité de ses usines grâce aux flux de données récoltés à chacune des étapes de la production – via un système d’antennes et de RFID. Ainsi, le numérique a permis d’identifier des sources de gaspillage et de les optimiser.

Deuxièmement, l’ergonomie au travail des employés a été considérablement améliorée. En effet, à leur demande, des robots ont été installés aux postes à forte pénibilité ou dangereux.

Troisièmement, ils ont amélioré la formation de leurs employés, que ce soit en termes de mobilité interne ou de formation aux nouveaux outils. Les usines se sont dotées d’écrans interactifs présentant les process des opérations à différents postes de travail. De cette manière, par le biais de vidéos, de photos, etc, les opérateurs sont accompagnés dans leurs tâches. Désormais, plus de manuels à lire, mais des films à visionner !

Eric Yvain a conclu en répondant à deux questionnements majeurs :

  • Les robots sont-ils destructeurs d’emploi ?

Selon lui, non. Chez Saunier Duval, ils n’ont jamais autant embauché que depuis qu’ils sont passés à l’usine 4.0 ! De nouveaux emplois ont été créés nécessitant des qualifications différentes (maintenance, data science, etc). Ces nouveaux postes étant très attractifs pour les jeunes tournés vers le numérique.

  • Qui des collaborateurs anciens et de leur adaptation aux outils digitaux ?

Selon lui, ce n’est pas un problème. Face à l’attrait de ces outils, et particulièrement à la diminution de la pénibilité du travail qu’ils apportent dans les usines, les salariés y ont vu leur intérêt. De plus, avec les nouveaux écrans interactifs, ils sont assistés et peuvent signaler un problème rapidement. Et pour finir, une logique de reverse mentoring a été instaurée, visant un partage de connaissances intergénérationnel. Concrètement, un collaborateur âgé transmet son expérience à un jeune qui lui partage en retour ses connaissances sur le digital.


L’agritech pour produire plus et mieux avec moins

Speaker : Guillaume Ardillon, directeur digital de Terrena

L’atelier fut introduit par un constat flagrant : 98% des agriculteurs sont connectés, plus de 50% d’entre eux disposent d’une application relative à leur métier, plus de 700 000 hectares de parcelles sont géolocalisées avec une précision au mètre carré. Le marché de l’agritech est en pleine expansion et représentait déjà 6 milliards d’euro d’investissement en 2016.

Afin d’engager sa transformation numérique, le groupe Terrena a commencé par revoir son organisation, indispensable pour démarrer de nouveaux projets, dont notamment la traçabilité « de la fourche à la fourchette » et l’optimisation de la gestion des exploitations via la collecte et la valorisation des données.

« Permettre à la population hyper-connectée des agriculteurs de produire plus et mieux avec moins », tel est l’objectif des services numériques développés par la coopérative Terrena depuis plusieurs années déjà.

Pour cela, les dirigeants ont commencé par casser les silos en faisant collaborer les équipes R&D avec les équipes informatiques et marketing, en mettant en place une direction digitale pour diriger les actions de manière transversale. Guillaume Ardillon ne s’est d’ailleurs pas contenté d’imposer une stratégie digitale « top-down », il a co-écrit avec toutes les directions métiers, l’évolution de leur carrière. Pour finir sur une bonne note, Terrena a récemment lancé sa propre Digital Factory, où une équipe conçoit les nouveaux outils digitaux au service de la filière.

Le mot de la fin

Cette journée fût riche d’expériences, d’idées et de conseils partagés. Une notion néanmoins a été plusieurs fois évoquée et pourrait faire office de conclusion : la transformation numérique n’est pas un projet en soi, avec un objectif et un ROI. En effet, il ne faut pas vous lancer dans la transition de votre entreprise en ne pensant qu’aux retombées économiques, vous allez droit vers l’échec. La transformation numérique, c’est un changement profond des façons de penser. C’est quelque chose de global, dont le but est d’adapter les pratiques des entreprises aux nouveaux usages des consommateurs. On ne peut pas calculer les bénéfices économiques d’avoir cassé les silos de l’entreprise, mais on peut observer une amélioration des conditions de travail, des relations humaines, de la créativité, etc. En revanche, on peut tout à fait calculer le ROI de la mise en place d’un système d’analyse de données, comme le fait Saunier Duval.


Avec 1065 dirigeants d’entreprise rassemblés pour parler des changements de leurs sociétés, cette deuxième édition de Digital Change fût un succès. Les ambitions de la journée étaient grandes, peut-être trop grandes. Il était notamment difficile de participer à tous les ateliers, les pitchs ayant lieu pendant les conférences, idem pour les speed meetings individuels et collectifs. Ensuite, le village des solutions, réunissant les exposants, était à la fois le lieu des pitchs d’experts, mais aussi de déjeuner et de rencontre. Si bien que le hall était bondé de monde, dans un niveau sonore étonnamment élevé. L’une des salles d’atelier se trouvait à quelques mètres du hall, perturbant l’écoute pour les personnes placées proche de la sortie.

Etant donné le succès de la journée, les organisateurs envisageront-ils un lieu plus spacieux, afin d’accueillir cette horde de dirigeants en quête de digitalisation ? En tout cas, une journée riche d’informations et de rencontres !


A bientôt pour la prochaine édition !

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